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L'homme n'est plus le centre

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Il est contenu dans l'e-book gratuit: "Évoluer vers le simple" .
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Première désillusion: La terre et l'homme ne sont plus le centre de l'univers 

Jusqu'au XVIe siècle régnait la conception astronomique et philosophique de Ptolémée: la Terre était au centre de l'Univers, ce que l'on appelle le géocentrisme. Le Soleil, la Lune et les autres planètes, mais aussi toutes les étoiles tournaient autour de la Terre, donc de l'homme qui y habitait. L'être humain était le centre de l'Univers et le couronnement de la création. Le dogme catholique avait inscrit dans sa foi cette compréhension de la place de l'homme. L'homme devant Dieu était au centre de Sa Providence.

Quand en 1543, Copernic fit paraître, au seuil de sa mort, l'ouvrage De revolutionibus, une révolution de la pensée commença. Peu à peu, malgré les résistances de l'Église, une nouvelle compréhension de la place de l'homme dans l'univers se fit jour: la Terre n'était qu'une planète parmi d'autres dans le système solaire avec le Soleil pour centre, ce qu'on appelle l'héliocentrisme. Puis, plus tard encore, l'homme compris que son système solaire n'était pas, lui aussi, au centre de l'Univers, mais un parmi beaucoup d'autres. Enfin, on découvrit que le système solaire appartenait à une galaxie et que celle-ci n'était pas non plus le centre de l'Univers, mais une parmi des milliards d'autres galaxies.

L'homme, de centre de l'Univers, s'est découvert n'être qu'un organisme vivant sur une petite planète perdue dans un Univers qui le dépasse.

Deuxième désillusion: L'homme est un animal comme les autres

Avec le naturaliste Lamarck, au XVIIIe siècle, précurseur le plus connu de la thèse de l'évolution, puis Darwin au XVIIIIe siècle, l'idée que l'homme a un passé, une généalogie biologique, s'imposa de plus en plus. L'évolutionnisme biologique préconise une vision unitaire du vivant. Chaque spécimen, de la bactérie à l'homme, participe d'une histoire unique de l'évolution des espèces et ceci sur une période de temps de plusieurs milliards d'années.

L'homme est un animal, en fait un mammifère comme les autres. Son patrimoine génétique ne se distingue de celui des grands singes que sur moins de 5% de gènes. Même s'il est faux de dire que l'homme descend du singe, il semble bien avoir des ancêtres communs avec eux. Son intelligence et sa conscience d'exister sont certes plus développées, il parle et possède un langage symbolique, il est créateur de culture et de comportements sociaux. Plus l'on étudie les animaux supérieurs, plus la différence avec l'homme s'amenuise.

La polémique reste vive sur les modalités (le comment) de cette évolution des espèces, mais le fait même de l'évolution n'est pas remis en question, sauf par quelques fondamentalistes créationnistes qui sentent bien que cette conception remet radicalement en cause la place de l'homme dans le monde vivant: il n'est plus le centre de la création et donc de l'attention de Dieu, mais est le produit d'une évolution, certes le plus achevé, mais peut-être pas le dernier !

L'homme, de centre de la création, s'est découvert n'être qu'un animal comme les autres.

Troisième désillusion: le Moi conscient de l'homme n'est pas le centre de son psychisme

Au début du XXe siècle, les travaux de Freud sur les maladies telles que les hystéries, les névroses et les psychoses mirent au jour la réalité de l'inconscient. Certains comportements pathologiques ne peuvent s'expliquer que par l'irruption dans la conscience de contenus refoulés provenant d'une partie inconsciente du psychisme.

Après avoir été disciple de Freud, C. G. Jung s'en est séparé et a approfondi encore sa compréhension de l'inconscient. Il en arriva à distinguer l'inconscient personnel, avec ses contenus  personnels refoulés, et l'inconscient collectif, provenant d'un fonds commun d'archétypes que partagerait tous les hommes.  Tant pour Freud que pour Jung, le Moi conscient n'est pas le maître en sa maison. Jung préconise l'existence d'un archétype, le Soi, qui serait le véritable centre profond du psychisme humain, le Moi conscient n'étant alors qu'un centre superficiel qui s'illusionne sur son pouvoir et son statut.

Ce décentrage est le plus radical de tous.

Non seulement, l'homme n'est pas le centre de l'Univers, mais il est un animal comme les autres, et enfin son Moi conscient ne serait pas non plus le centre de son psychisme. 

Dépossédé de son statut usurpé de maître du monde, l'homme se découvre petit, fragile et aliéné à lui-même. Alors sourd en lui, insidieusement, l'angoisse d'être.

 

 

 
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