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Retrouver un nouvel emploi Conseils du psychologue Claude Hayoz du site www.mieux-etre.ch
Réussir son entretien d'embauche La question
J’ai de la peine à retrouver une place de travail et je pense que je pourrais améliorer mes chances en préparant mon prochain entretien. Pouvez-vous me donner quelques conseils afin que je mette un maximum d’atouts de mon côté ?
La réponse du psy
Avant le rendez-vous, préparez-vous activement en notant d’une part toutes les questions que vous vous posez par rapport à l’entreprise et au poste, d’autre part toutes les informations que le chef du personnel voudra d’obtenir de votre part (situation personnelle, expériences professionnelles, etc...). Pendant l’entrevue, gardez à l’esprit que vous devez sortir du lot et présentez vous en conséquence : adaptez votre tenue vestimentaire en fonction du style de l’entreprise. Accordez toute votre attention à votre interlocuteur et donnez des réponses claires et précises aux questions qui vous sont posées. Manifestez de l’intérêt et n’hésitez pas à demander des précisions quant au cahier des charges. N’essayez pas de “jouer un rôle”. Soyez naturel, avec tact et courtoisie. Après le premier entretien, faites le point sur les informations que vous avez données et reçues. Si l’employeur potentiel vous a promis de vous rappeler et qu’il omet de le faire, prenez l’initiative de reprendre contact. Dans tous les cas, retenez autant que possible ce qui a plu ou déplu à votre interlocuteur et améliorez ainsi votre présentation. Enfin, je vous conseille d’acheter (ou d’emprunter) un livre sur les entretiens d’embauche, la façon de les préparer et de les évaluer. Ainsi, vous serez fin prêt pour remettre rapidement le pied à l’étrier...
Le proverbe du sage Nô-Mi
La valeur que t'accorde le regard d'autrui ne présume en rien ce que tu possèdes dans tes coffres secrets...
Déception professionnelle La question
A la recherche d’un nouvel emploi, j’ai rencontré de nombreux employeurs qui cherchaient du personnel ayant mon profil. A chaque entretien, j’ai vraiment donné le meilleur de moi-même mais les réponses ont toutes été négatives. Je me sens complètement remis en question. Comment expliquer ces rejets multiples ?
La réponse du psy
La situation économique actuelle a pour effet d’augmenter considérablement le nombre de candidatures intéressantes pour un poste mis au concours. Les employeurs ont le choix et peuvent se permettre d’opérer une sélection beaucoup plus “pointue” qu’auparavant. Votre situation mérite donc une analyse particulière, en fonction de vos aptitudes, compétences et qualités, que vous faites valoir lorsque vous postulez pour un nouvel emploi. Vous pourriez envisager de faire un véritable “bilan professionnel” dans un cabinet spécialisé en recrutement du personnel. En effet, pour obtenir le feu vert de votre futur patron, vous devez apprendre à lui présenter vos atouts de manière optimale. Ainsi, une trop grande polyvalence ou des connaissances trop particulières, voire lacunaires, peuvent freiner, voire stopper les meilleures intentions. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut savoir utiliser l’ensemble de ses acquis et de ses expériences et un simple cours de “perfectionnement” ne suffit plus à vous rendre réellement indispensable aux yeux de ceux qui n’ont que l’embarras du choix. Enfin, une réponse négative ne doit en aucun cas vous remettre en question : à chaque entretien, vous apprenez quelque chose sur vous-même et sur le monde économique dans lequel vous évoluez. Et cet apprentissage vous permet, peu à peu, de mieux comprendre quels atouts personnels vous pouvez le mieux mettre en valeur...
Le proverbe du sage Nô-Mi
Celui qui sait qui il est, devient son meilleur démarcheur.
A dix contre un La question
Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’être convoqué pour un entretien d’embauche et de me retrouver face à une véritable cohorte de personnes pour me recevoir. Une fois ils étaient même dix! Je panique facilement dans ce genre de situation. Que feriez-vous?
La réponse du psy
Dans la plupart des entretiens d’embauche, deux personnes au moins seront présentes pour recevoir et écouter les différents candidats. En général, c’est plutôt un avantage: les risques d’éviction pour causes totalement subjectives sont minimisées par un double avis. Et puis souvent c’est une nécessité pour présenter une société: il y a le directeur et/ou le responsable des ressources humaines et celui ou celle qui sera, avec un peu de chance, votre futur supérieur hiérarchique et qui est le mieux à même de vous décrire clairement les différents aspects de la fonction que vous souhaitez occuper. N’oublions pas que ces rendez-vous ont pour objectif de faire connaissance dans les deux sens! Maintenant, si vous êtes accueilli par une délégation particulièrement fournie qui vous fait perdre vos moyens, essayez immédiatement de relativiser ce “déséquilibre”: d’abord, si autant de personnes vous consacrent leur temps si précieux, c’est que, primo, vous valez le déplacement, ce qui est plutôt bon signe et flatteur, deuzio, le poste à repourvoir doit être vraiment important et, partant, intéressant. Ensuite, faites la part entre les simples “figurants” qui remplissent le rôle de nains de jardin pour impressionner et sonder ce que vous avez dans le ventre et le décideurs qui sont là pour prendre la décision cruciale de vous engager ou de vous renvoyer votre dossier. Si vous parvenez à les convaincre sans vous laisser démonter par l’imposant dispositif d’accueil, alors vous avez de bonnes chances d’emporter le morceau. Enfin, si on vous en donne la possibilité (et je pense que ce sera le cas) n’hésitez pas à jouer la carte de la franchise en demandant quelle est la fonction de chacun de ces “observateurs”. Vous saurez si c’est un simple stratagème psychologique pour voir vos réactions dans un contexte stressant ou si c’est une nécessité structurelle de l’entreprise de réunir autant de monde pour vous rencontrer. En conclusion, n’oubliez pas qu’il vaut mieux avoir face à soi dix personnes plutôt bienveillantes (et la probabilité joue en votre faveur) qu’une seule qui, si vous n’avez pas les atomes crochus requis, prendra congé au bout de quinze petites minutes en vous lançant un uppercut définitif du style: “On vous écrira...”
Le proverbe du sage Nô-Mi
Panique est traître, peur est mensonge car seule vérité et nature montrent le chemin...
Premier choix La question
Depuis quelques semaines, je suis à la recherche d’un nouvel emploi. Souvent je crois avoir le profil requis pour un poste mais on me renvoie mon dossier sans commentaires. Sur quels critères se basent les employeurs pour retenir une candidature ou la rejeter?
La réponse du psy
C’est un vaste sujet et on ne saurait en faire le tour en quelques lignes. Mais voici déjà quelques pistes à explorer: imaginez que vous mettiez une annonce dans la presse parce que vous avez un poste à repourvoir dans l’entreprise que vous dirigez. Vous allez essayer en quelques lignes de décrire à la fois l’activité que vous proposez et les compétences requises ou souhaitées chez les personnes qui vont envoyer leur dossier de candidature. C’est un art d’en dire suffisamment pour déjà cibler le public que l’on souhaite atteindre, en se concentrant sur quelques éléments essentiels. Je pense donc qu’il n’est pas très utile d’envoyer sa candidature si à ce stade déjà l’on ne correspond pas au profil esquissé. Ensuite vous allez attendre les premières réponses: c’est une indication importante. Ceux et celles qui réagissent immédiatement font souvent partie des “finalistes” et c’est logique: les chances d’être “sélectionné” pour un entretien diminue fortement au bout de quelques jours déjà. La forme du dossier pèse lourd dans la balance: c’est une véritable carte de visite qui doit allécher l’employeur potentiel et lui montrer que l’on possède les qualités requises pour occuper le poste. Que diriez-vous d’une lettre de motivation écrite sur le coin d’une table et de quelques copies de documents froissés et difficilement lisibles? Le contenu ensuite est une véritable mine de renseignements: souvent les candidats hésitent d’y mettre le paquet et omettent des certificats de travail, des références concrètes et même des copies de diplômes, jugés moins intéressants. Or tout est utile, dès le moment où cela donne de la personne une image flatteuse, valorisante et positive. Beaucoup de candidats et de candidates hésitent fortement à formuler des prétentions de salaire et se cachent derrière l’énigmatique “à convenir”. Personnellement, je pense que c’est une erreur: combien de dossiers potentiellement intéressants vont être écartés simplement parce que l’on suppose que le postulant ne sera pas intéressé par les conditions de l’entreprise? Même chose pour la date d’entrée en fonction: pourquoi rester vague alors que l’on est contractuellement lié ou, au contraire, disponible de suite? Et enfin, une certaine originalité peut s’avérer très payante: la plupart des dossiers sont tellement standards qu’ils en viennent à tous se ressembler. Si l’on parvient à y mettre une touche plus personnelle, c’est un pas d’avance sur tous les autres...
L'importance du certificat La question
J’ai occupé différents postes au cours de ces derniers mois. Mais je n’ai pas systématiquement demandé des certificats de travail. Plusieurs entreprises qui s’intéressaient à ma candidature me les ont cependant demandés. Est-ce si important que cela?
La réponse du psy
Imaginez-vous à la place d’une personne qui doit choisir entre deux candidats qui répondent parfaitement au profil d’un poste. Vous avez fait leur connaissance durant un entretien qui a duré une petite demi-heure et votre impression est bonne, tant pour l’un que pour l’autre. Qu’avez-vous entre les mains? Un dossier constitué d’un résumé du parcours professionnel (le curriculum vitae) et une série de certificats, les références “externes”. A la lecture de ceux-ci, vous constatez que la première des deux personnes est systématiquement qualifiée de sérieuse, motivée, pleine d’entrain, rapide, et qu’elle a visiblement suscité un enthousiasme général. La seconde semble moins “solide” sur ce plan, du moins d’après ce que vous pouvez constater en cherchant l’équivalent en commentaires plutôt dithyrambiques. Qui allez-vous engager? Inutile de lancer une pièce de monnaie pour jouer la décision à pile ou face. C’est la première qui emportera le morceau.
Plusieurs fois déjà, nous avons eu l’occasion de relever à quel point le choix d’un nouveau collaborateur ou d’une nouvelle collaboratrice dépendait de l’amalgame heureux de multiples “détails” qui, pris séparément, semblent parfois dérisoires, mais une fois réunis, constituent un tout solide comme du béton armé. Les certificats peuvent paraître futiles, surtout si notre activité n’a été que temporaire. Et pourtant, ils font partie de ces atouts qui agrémentent notre “carte de visite” d’un fil d’or pur... Je vous conseille donc vivement de ne pas omettre de les demander systématiquement, même rétroactivement, là où vous avez travaillé. Bien entendu, il y a des exceptions: si vous avez quitté une entreprise sous un déluge de critiques, inutile de revenir à la charge en espérant les voir gommées d’un papier censé récapituler brièvement quelles ont été les tâches qui vous ont été confiées et comment vous les avez exécutées. Mais sinon, n’hésitez pas à en faire la clef de voûte de votre dossier personnel: vos expériences “pratiques” méritent autant de place que votre formation de base et ses diplômes “officiels”.
Il faut savoir que le certificat de travail n’est pas un cadeau de l’entreprise que l’on quitte mais un dû incontournable. Loin d’être la cerise sur le gâteau, c’est un papier que vous pouvez demander de modifier s’il ne correspond pas à la réalité et qui ne peut pas faire l’objet de marchandages, voire de chantage. Dans le cas d’un litige manifeste, le tribunal des Prud’hommes est d’ailleurs habilité à vous aider à obtenir gain de cause, ce qui démontre s’il le fallait encore, à quel point c’est un élément indispensable à faire figurer dans toute offre de service. Bien sûr, tout le monde sait qu’on peut très bien “lire entre les lignes” et qu’un certificat “sibyllin” de trois mots, signature comprise, est une arme à double-tranchant. Dans ce cas, mieux vaut effectivement éviter de prendre des risques inutiles. Mais la plupart du temps, c’est quand même autre chose qu’une attestation d’activité et on peut y voir des signes manifestes d’une bonne entente et d’une collaboration fructueuse. Et c’est ce qui va permettre, entre autres, de départager les candidats!
Je vous conseille donc d’étoffer votre dossier et de le compléter en fonction des travaux que vous avez effectués ces derniers mois. Attention toutefois à une chose: le certificat de travail ne se fait pas de la même façon d’un pays à un autre. Ainsi, si vous avez par exemple “bourlingué” en France, vous aurez un texte beaucoup plus “dépouillé”, sans que ce soit une indication négative pour autant. Dans la même veine, si vous venez des États-Unis, il est probable que votre dossier fournisse également des détails et des certificats concernant des activités extra-professionnelles, ce qui ne se fait pas ou peu chez nous. Il serait donc judicieux de demander à une tierce personne, habituée à ce genre de “différences”, de vous donner quelques tuyaux afin d’éviter de commettre un impair et de fausser, sans le vouloir ni le savoir, la première image que vous donnerez à un employeur potentiel. Mais dans tous les cas, mettez le paquet: une enveloppe épaisse n’est nullement un signe de fatuité mais montre que vous avez de l’expérience et que vous tenez légitimement à le faire savoir!
Le meilleur de soi-même La question
A la recherche d’un nouvel emploi, j’ai rencontré de nombreux employeurs qui cherchaient du personnel ayant mon profil. A chaque entretien, j’ai vraiment donné le meilleur de moi-même mais les réponses ont toutes été négatives. Comment expliquer ces rejets multiples?
La réponse du psy
La situation économique actuelle a pour effet d’augmenter considérablement le nombre de candidatures intéressantes pour un poste mis au concours. Les employeurs ont le choix et peuvent se permettre d’opérer une sélection beaucoup plus “pointue” qu’auparavant. Votre situation mérite donc une analyse particulière, en fonction de vos aptitudes, compétences et qualités, que vous faites valoir lorsque vous postulez pour un nouvel emploi. Vous pourriez envisager de faire un véritable “bilan professionnel” dans un cabinet spécialisé en recrutement du personnel. En effet, pour obtenir le feu vert de votre futur patron, vous devez apprendre à lui présenter vos atouts de manière optimale. Ainsi, une trop grande polyvalence ou des connaissances trop particulières, voire lacunaires, peuvent freiner, voire stopper les meilleures intentions. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut savoir utiliser l’ensemble de ses acquis et de ses expériences et un simple cours de “perfectionnement” ne suffit plus à vous rendre réellement indispensable aux yeux de ceux qui n’ont que l’embarras du choix. Enfin, une réponse négative ne doit en aucun cas vous remettre en question: à chaque entretien, vous apprenez quelquechose sur vous-même et sur le monde économique dans lequel vous évoluez. Et cet apprentissage vous permet, peu à peu, de mieux comprendre quels atouts personnels vous pouvez le mieux mettre en valeur...
Diplômes ou expérience ? La question
J’ai récemment perdu mon emploi. Bien que j’aie une très grande expérience professionnelle, je n’ai pas beaucoup de diplômes “officiels” et j’ai bien peur que cela pèse sur mon dossier comme un boulet. Qu’en pensez-vous?
La réponse du psy
Lorsque l’on sort d’études ou de formation, il est clair que le diplôme est primordial et constitue une carte de visite fort intéressante. Le papier “officiel” est en quelque sorte garant d’un savoir qui a été acquis et dont la personne qui postule a dû faire la preuve en passant des examens. Mais dans un monde où tout évolue à très grande vitesse, un titre, quel qu’il soit, n’est pas indémodable et, au bout de quelques années de pratique professionnelle déjà, il tend à perdre de sa valeur, en comparaison avec de nouveaux papiers qui, eux, constituent les véritables atouts, les certificats de travail. En effet, le premier souci d’une entreprise à la recherche de la “perle rare” c’est d’engager quelqu’un qui sera opérationnel rapidement. Or, si la théorie constitue un bagage que l’on peut accumuler aisément sur les bancs d’école, la pratique ne s’acquiert qu’avec le temps et un nombre considérable “d’heures de vol”. On intègre bien sûr des aspects très concrets dans le cadre de toute formation mais rien ne saurait remplacer le véritable travail sur le terrain. Je me souviens d’un professeur de physique appliquée qui, en guise d’examens oraux, avait pris l’habitude de soumettre à ses étudiants des problèmes très terre à terre qu’ils devaient résoudre à la manière d’un MacGyver, c’est-à-dire avec les moyens du bord et beaucoup d’inventivité. Aux critiques de ses collègues qui trouvaient cette façon de faire peu orthodoxe, il répondait calmement que l’essentiel n’était pas de recracher par coeur des formules mémorisées à force de rabâchage mais de connaître leur utilité et de savoir les appliquer dans la réalité. Je pense donc que vos compétences professionnelles vont largement contrebalancer l’absence de diplômes officiels qui, certes impressionnent, mais n’en disent pas long sur les connaissances réelles du candidat. Par contre il est absolument essentiel que vous exposiez bien en vue vos certificats de travail, que dans votre lettre de postulation vous résumiez clairement votre parcours professionnel et que vous n’oubliez pas d’assurer quelques solides références qui, le cas échéant, pourront attester de vive voix vos qualités dans le feu de l’action.
Le proverbe du sage Nô-Mi
Peu importe que tu aies appris à compter les kilomètres, si tu sais les franchir comme l’éclair...
Le stress ... La question
Fébrilement vous attendez que la réceptionniste vous convie à entrer dans le bureau de votre futur employeur. Vous vous sentez aussi tendu que la corde d’un arc une seconde avant le tir... On vous appelle...
La réponse du psy
Vous vous levez et votre corps entier semble à deux doigts de l’explosion. Vous êtes victime du stress. Arrêtons-nous un instant sur ce qui se passe d’un point de vue métabolique, dans cette situation : sous l’effet de la tension, votre cerveau met tout l’organisme en alerte. A commencer par les glandes surrénales qui déchargent massivement deux hormones, l’adrénaline et la noradrénaline, dont la fonction est comparable à celle d’un turbocompresseur qui agit sur toutes les parties de notre moteur et le préparent à réagir. A quoi, au juste ? Tout le problème est là : au départ, ce que nous appelons communément le stress est une réaction nécessaire à notre survie. En cas de danger, notre corps, sous le contrôle automatique du cerveau, se prépare à la lutte ou à la fuite : notre respiration devient plus rapide, notre pouls augmente, notre sang afflue dans les muscles et décuple notre énergie. Nous sommes prêts à attaquer ou à contre-attaquer. Cette alarme générale, physique, est déclenchée par de multiples facteurs mais elle fonctionne toujours de la même manière. Si nous nous retrouvons nez-à-nez avec une mygale, la vision effrayante du monstre nous donne littéralement des ailes pour fuir. Lorsque nous entrons dans le bureau du patron, c’est comme si nous avions pesé sur le même bouton mais au lieu de hurler et de nous précipiter ailleurs, nous réprimons sueurs froides, nausées, coliques et autres battements de coeurs et esquissons un sourire avenant. Notre société nous a mis à l’abri des attaques surprises d’animaux sauvages. Mais en contrepartie, elle a fait de nous des aventuriers du stakhanovisme, des esclaves de la production et des mutants qui portent le nom de “battants”. A l’ère de la télématique et de l’informatique, on oublie que notre bon vieux métabolisme réagit comme celui de nos ancêtres qui chassaient le mammouth : ses défenses sont certes rudimentaires et visent à garantir notre survie mais elles sont drôlement puissantes et soumettent notre organisme à des tensions que peu de machines supporteraient longtemps. Il ne faut plus s’étonner, dès lors, que les crises cardiaques se multiplient, de même que les dépressions, les ulcères, les problèmes musculaires, etc... : à force d’être constamment soumis à ce régime d’alertes générales, notre physique en prend un coup. Et ce ne sont pas les occasions qui manquent : horaires, trafic, surmenage, pressions sociales, difficultés conjugales... la liste exhaustive serait aussi longue qu’un annuaire téléphonique. Sans compter les frustrations, les injustices, la course au pouvoir, le spectre du chômage et tous ces maux que l’on appelle pudiquement la “misère affective”. Notre corps réagit proportionnellement au danger qui le menace et s’il tend à donner des signes d’usure, c’est qu’il a fort à faire ! Lorsque l’on sait que l’homme des cavernes travaillait au plus vingt heures par semaine pour se nourrir, se vêtir et assurer son modeste confort (la décoration des cavernes comprise), on se prend à se demander s’il n’y a pas eu, d’une certaine façon, un progrès à l’envers : au lieu de devenir maître de son environnement, l’homme a fini par devenir son esclave et le pire, c’est que rien ne l’y contraignait ! Peut-on lutter efficacement contre le stress ? Probablement, à condition toutefois de ne pas se leurrer en croyant qu’une simple méthode de relaxation, pratiquée à raison de cinq minutes par jour constituera une thérapeutique efficace. Mettre en échec le rythme effréné de notre vie, c’est avant tout un état d’esprit qui passe par la prise de conscience que nous avons des limites et que nous ne pouvons pas assumer plus que notre “machine” n’en supporte : d’abord, il faut apprendre à choisir. On ne peut pas tout faire et il y a nécessairement des priorités. Lesquelles ? A chacun de les définir en fonction d’un seul critère, le plaisir. Attendre le week-end pour enfin respirer est aussi inutile qu’acheter un dessert que l’on fera dans le congélateur. S’écouter et s’accorder de l’attention est primordial dans toute hygiène de vie qui se respecte ! Ensuite, il s’agit de privilégier autant que possible les relations humaines. C’est au contact d’autrui que l’on s’enrichit et un bus bondé n’est pas l’endroit idéal pour échanger des points de vue. Combattre son isolement, c’est rendre justice à ce que nous prétendons être, des animaux sociaux. Enfin, le plus difficile, c’est d’arriver à lever le pied de l’accélérateur et de mettre autant que possible la pédale douce - sans pour autant privilégier la paresse -, car ce n’est pas en vivant à cent à l’heure qu’on aura le temps de remarquer qu’à part le travail, les factures, les soucis et les impôts, il y a le loisir, le vrai, celui qui est tellement gratuit qu’il en devient gratifiant...
Le proverbe du sage Nô-Mi
Ce n’est pas la distance que tu parcours qui fera de toi un vainqueur, mais la technique qui t’aura permis d’avancer...
Attirer l'attention La question
Depuis plus d’un an, j’envoie chaque jour des candidatures mais je ne reçois que des réponses négatives ou rien du tout. Je me sens “dans le vide”. Comment attirer l’attention des patrons ?
La réponse du psy
A la base du problème que vous évoquez, il y a trois éléments au moins qu’il faut considérer attentivement : - le contenu de votre dossier, - la forme que vous lui avez donnée, - la façon dont vous gérez vos offres. Vous écrivez “tous azimuts” : avez-vous réellement des compétences aussi polyvalentes qui vous permettent ainsi d’aller n’importe où ? Avant d’entreprendre des démarches, vous devez impérativement : - définir exactement quel poste vous visez, - axer votre dossier sur les exigences propres à cet emploi, - préciser en quoi et comment vous vous sentez “l’homme de la situation”. Votre présentation doit être claire, lisible, structurée et aller droit au but. La première image que vous donnez de vous, c’est la façon dont vous vendez vos compétences. A quoi bon posséder mille atouts si vous ne savez pas les mettre en valeur ?
Par ailleurs, il s’agit de cibler votre objectif, à savoir, vous procurer un maximum d’informations : - prenez contact directement avec un responsable de l’entreprise, - renseignez-vous à fond sur le cahier des charges qu’on va vous proposer, et, surtout, n’envoyez pas de candidatures à l’aveugle, sans : - relancer les personnes “de contact”, - réclamer un retour d’information. Rechercher un emploi à la mesure de ses qualifications exige un investissement total dont le dossier ne constitue qu’un rouage. Mieux vaut donc limiter ses recherches mais leur accorder un maximum de temps et d’énergie.
Temporaire ou stable ? La question
Je vais perdre ma place prochainement, suite à une restructuration. Je ne sais pas trop que faire: vaut-il mieux accepter des missions temporaires ou attendre une solution plus stable en timbrant au chômage?
La réponse du psy
Beaucoup de personnes qui perdent leur emploi font le raisonement suivant: pour retrouver un emploi stable, il faut avoir du temps à consacrer aux recherches. Donc en optant pour un job temporaire, on risque de “passer” à côté de postes pour lesquels il faut être en “pole position” pour avoir une chance de remporter le morceau... Il est parfaitement vrai que la quête d’un nouveau travail réclame beaucoup d’énergie, une constante assiduité et une très grande disponibilité. Dépouiller les annonces, rédiger des lettres, constituer des dossiers, se présenter pour des entretiens, tout cela représente une occupation à part entière. D’ailleurs il n’y a pas de miracle: ce n’est pas en croisant les bras qu’un contrat va nous tomber dans les mains!
Mais c’est oublier qu’en travaillant, même pour des durées relativement limitées, on bénéficie automatiquement d’un réseau vivant et dynamique de relations. Les premiers temps, lorsque l’on aborde une activité qui ne nous est pas familière, on a la tête remplie de choses à assimiler et on ne voit pas bien comment on aura la force et les moyens de se “libérer” un peu l’esprit pour guetter la bonne occasion. Et pourtant, une fois que l’on a retrouvé ses marques, l’horizon se dégage tout seul: les collègues ont des tuyaux, le patron peut nous donner sa caution et son soutien, on se maintient au courant et, surtout, on reste actif. Car ce qui peut poser problème, lorsque l’on est au chômage, c’est que l’on perd assez vite le rythme assez soutenu que nous impose un travail avec son cortège d’impératifs: traiter les dossiers avec diligence, se conformer à des horaires souples mais contraignants, organiser sa vie “privée” en fonction des exigences professionnelles. Et puis tout évolue à grande vitesse: dans le domaine technique particulièrement mais pas exclusivement, on risque à tout moment d’être dépassé par des progrès fulgurants. En quelques mois, le contexte change et il peut être alors plus difficile de remettre le pied à l’étrier.
Par ailleurs, il est reconnu que l’image que l’on a de soi, l’estime que l’on s’accorde influence la manière dont nous interagissons avec autrui. Or, le chômage va souvent de pair avec un sentiment d’échec et de culpabilité qui se renforce à mesure que le temps passe. On a de la peine à se faire à l’idée que ce n’est pas de notre faute si nous n’avons plus de travail. Et le regard des autres n’est pas toujours tendre! Et lorsque nous devons nous présenter comme celle ou celui qui “sort du lot” face à un employeur potentiel, il est parfois difficile de masquer ce désarroi. Ce qui n’est naturellement pas fait pour détendre l’atmosphère! Le travail temporaire a donc, entre autres avantages, l’immense mérite de contourner cet obstacle: solution certes provisoire, il maintient les acquis, garantit un statut et offre un excellent tremplin pour “autre chose”. Il faut certes que l’entreprise soit consciente qu’un mandat limité ne saurait faire l’économie d’une certaine liberté et de souplesse pour laisser toute latitude à l’employé(e) d’aller à un entretien, si l’offre est valable et présente quelque chance d’aboutir.
Je crois qu’il ne faut en tout cas pas avoir peur de se trouver “bloqué” sans opportunité de bouger et de regarder à gauche et à droite. Ne perdons pas de vue que le patron qui engage du personnel temporaire sait parfaitement que ce qu’il offre n’est pas définitif et présuppose naturellement que l’on scrute intensément le marché du travail. A votre place, j’accepterais sans hésiter de rester “dans le circuit” et je déposerais mon dossier dans des agences de placement, à même de vous signaler les postes vacants qui pouraient relancer votre carrière professionnelle. Et j’éviterais d’attendre en timbrant consciencieusement que la “bonne” occase se présente: elle risquerait de vous passer sous le nez au profit d’un concurent en activité, disposant d’un réseau de connaissances et de références actuelles...
Timbrer ou trimer ? La question
A la fin de leurs études ou de leur apprentissage, de nombreux jeunes se retrouvent sans travail. Leur dossier est certes flambant neuf de qualités tout justes acquises et d’un diplôme frais du jour mais invariablement on leur fait remarquer qu’ils manquent d’expérience. Et c’est là pour beaucoup un véritable casse-tête chinois: comment, en effet, agrémenter ses connaissances de pratique sur le terrain si personne ne nous laisse y faire ses premiers pas?
La réponse du psy
Sans chercher plus loin, on se dit qu’il y a décidément quelque chose de pourri au royaume du travail et l’on s’inscrit au chômage... Mais le raisonnement est mauvais car même si, dans ce cadre, on aura l’occasion de suivre quelques cours fort utiles (informatique, langues,...), on restera néanmoins désespérément à la case “départ” et les employeurs auront tendance à y voir un signe de relative “passivité”, ce qui n’est évidemment pas un avantage pour entamer une carrière digne de ce nom. En réalité, ce que l’on attend d’une personne qui vient de terminer sa formation c’est un “plus” qui atteste justement d’une volonté de mettre tous les atouts professionnels de son côté: stage linguistique, emplois temporaires, pas forcément dans sa spécialité, perfectionnement sur une année, maturité professionnelle, etc... Les exemples sont nombreux et ont pour dénominateur commun une stabilité à court terme, certes, mais surtout l’acquisition de compétences supplémentaires qui donneront leur véritable poids à votre curriculum vitae. Partir comme jeune fille au pair aux États-Unis, travailler dans un restaurant fast-food comme serveur ou livreur, s’engager dans un cause humanitaire et/ou sociale en tant que bénévole, les opportunités ne manquent pas et, pour peu que l’on fasse preuve d’imagination et de débrouillardise, on pourra faire provision de différentes “options” qui nous permettront de nous frotter au concret, à la pratique. Bien sûr, cela implique un investissement personnel auquel le “cocon” de l’apprentissage ou de l’école ne nous a pas habitués et certaines décisions ne sont pas simples à prendre: on préférerait naturellement trouver de suite un emploi qui nous évite de tout quitter - famille, copains, copines, élu(e) de son coeur - l’espace de quelques mois et de perdre ce relatif confort qui nous berçait depuis tant d’années. Il est vrai que la transition entre une vie rythmée par les obligations “scolaires” et réglée presque comme du papier à musique et l’entrée dans le monde professionnel est source d’incertitude et de remise en question: mais c’est précisément cette espèce de patine de précarité passagère qui donnera à votre diplôme tout neuf et tout beau une teinte éminemment intéressante pour décrocher, enfin, un emploi répondant à vos goûts, envies et aspirations...
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